Chez Naval Group Lorient, la CFDT veut gagner la bataille

Rédigé le 29/08/2018


 

Une bonne organisation, des outils appropriés, un suivi efficace et un inlassable travail de terrain : tels sont les ingrédients d’une stratégie d’adhésions en positif depuis près de dix ans pour la section CFDT du site lorientais de construction de navires militaires de surface.

« On n’a malheureusement pas de recette miracle, juste des outils qu’on met en place progressivement », prévient d’emblée Franck Lavoine, le secrétaire de la section CFDT de Naval Group (ex-DCNS) de Lorient pour expliquer les bons chiffres d’adhésion à sa section. Depuis 2009, la CFDT réalise entre 20 et 30 adhésions par an. Résultat : un solde positif de 10 à 20 adhérents selon les années. « Nous n’avons eu aucun départ pour désaccord politique, précise Arnaud Kerzerho, élu CFDT au comité d’entreprise. Il y a quelques départs vers d’autres entreprises et des départs en retraite. À ces derniers nous proposons de rejoindre l’UTR [union territoriale des retraités]. »

Sur ce vaste et impressionnant site lorientais où plus de 2 000 salariés Naval Group et un millier de sous-traitants et d’intérimaires travaillent à la construction navale militaire, plusieurs dizaines de métiers cohabitent et sont regroupés dans une quinzaine de secteurs d’activité. Dans le local CFDT, l’équipe a dressé un grand tableau de ces secteurs qu’elle coche chaque fois que l’un des permanents y intervient. « Il s’agit de n’oublier personne, explique Franck Lavoine. On tient des petites réunions pendant les pauses au cours desquelles on donne de l’information sur ce qui s’est dit dans les IRP [instances représentatives du personnel]. On fait aussi systématiquement des comptes rendus de ces instances. Ça coule de source selon nous mais il semblerait que ce ne soit pas le cas pour d’autres organisations syndicales. Résultat : des adhérents d’autres organisations viennent dans nos réunions. On ne sait jamais ce qui se passe dans le secret des urnes… »

Pendant longtemps, le site a connu une sectorisation syndicale forte : la production à la CGT, les bureaux d’études à la CFDT, etc. « Depuis 2010, à la faveur d’une réorganisation complète des services, on a osé aller à la rencontre des salariés qui n’étaient pas de nos “fiefs”, raconte Arnaud Kerzerho. Au départ, l’accueil n’était pas toujours chaleureux mais, avec le temps, les gens se sont mis à nous parler franchement et ils ont compris qu’on leur apportait des informations qu’ils n’avaient pas. Et ça se traduit dans les résultats électoraux. »

Trois organisations syndicales dans un mouchoir de poche

Aujourd’hui, la CFDT est deuxième organisation syndicale sur le site à 27,37 %, dans un mouchoir de poche avec l’Unsa (28,5 %) et la CGT (27,19 %). « Notre objectif est de devenir la première organisation aux élections professionnelles d’octobre 2018. On aimerait prendre le comité social et économique. C’est un point de contact important avec l’ensemble des salariés », reconnaît Christophe Danet, le secrétaire du CHSCT, permanent CFDT et monsieur « juridique et retraite » de la section. Christophe contribue largement au succès de la section avec son point info-retraite. « Je prends tout le monde, les adhérents, mais aussi les salariés non adhérents. Tous repartent avec un bulletin d’adhésion… même s’ils ont 60 ans et ne sont plus là que pour deux ans, je prends », sourit-il. Christophe quittera bientôt la permanence CFDT de Naval Group pour se « reconnecter » avec le travail. Sandrine Rivoallan, trésorière du syndicat et permanente, et deux autres militants reprendront la compétence retraite.

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